La RE2020, réglementation environnementale qui encadre l'empreinte carbone et la performance énergétique des bâtiments neufs, change de périmètre en 2026. Deux décrets publiés au printemps et à l’été étendent son application à des familles de bâtiments jusqu’ici épargnées, tout en assouplissant certains calculs pour les configurations architecturales les plus contraintes. Concrètement, la quasi-totalité de la construction neuve française bascule désormais sous ce régime, à l’exception d’une poignée de cas très spécifiques.
Un périmètre élargi à de nouvelles familles de bâtiments
Jusqu’à présent, la RE2020 s’appliquait surtout aux logements, aux bureaux et aux établissements d’enseignement primaire et secondaire. Le décret n° 2026-16 et l’arrêté du 19 mars 2026 y ajoutent les médiathèques et bibliothèques, les bâtiments universitaires d’enseignement et de recherche, les hôtels, les établissements d’accueil de la petite enfance, les commerces, ainsi que certains bâtiments industriels, sportifs et de santé. Pour les promoteurs et constructeurs, cela signifie de nouvelles études thermiques et carbone dès la conception, là où ces catégories de projets pouvaient jusqu’ici s’en dispenser.
Cette bascule s’inscrit dans un mouvement plus large de verdissement du secteur du bâtiment, qui reste l’un des plus émetteurs de gaz à effet de serre en France. Elle intervient alors que la performance énergétique des logements existants fait déjà l’objet d’un chantier de fond, avec des méthodes de calcul régulièrement révisées.
Des ajustements techniques pour les cas particuliers
Un second texte, le décret n° 2026-200 entré en vigueur le 1er juillet 2026, corrige plusieurs points techniques qui posaient problème aux professionnels :
- L’impact carbone des balcons, loggias ou terrasses n’est plus intégralement comptabilisé au-delà de certains seuils de surface ;
- Les bâtiments dont la hauteur sous plafond dépasse la moyenne réglementaire voient l’impact de cette spécificité neutralisé dans le calcul final ;
- Les immeubles de grande hauteur bénéficient de modulations tenant compte de leurs contraintes structurelles propres (renforcement de la structure, sécurité incendie) ;
- Les surélévations de moins de 150 m², ou représentant moins de 30 % de la surface du bâtiment existant, échappent aux exigences complètes applicables au neuf.
Ces retouches répondent à des critiques anciennes de la filière, qui reprochait à la première mouture de la RE2020 de pénaliser des choix architecturaux pourtant compatibles avec la sobriété énergétique, comme les extensions verticales plutôt que l’artificialisation de nouveaux terrains. Le sujet rejoint d’ailleurs celui des procédures accélérées pour débloquer des projets de logements, un autre chantier réglementaire mené en parallèle cette année.
Ce que cela change pour les projets en cours
Pour un maître d’ouvrage qui lance un projet relevant d’une des nouvelles catégories couvertes, l’enjeu principal est le calendrier : les études environnementales doivent désormais être anticipées dès l’esquisse, sous peine de devoir revoir des choix structurels tardivement. Les bureaux d’études parlent déjà d’un effet d’apprentissage comparable à celui observé lors de l’entrée en vigueur initiale de la RE2020 pour le logement, avec une phase de rodage de plusieurs mois avant que les méthodologies ne se stabilisent. Ce mouvement pourrait aussi peser sur les prix de sortie de certains programmes, au moment où l’offre de logements neufs peine déjà à répondre à la demande dans plusieurs régions.
Questions fréquentes
Quels bâtiments entrent dans le champ de la RE2020 en 2026 ?
Les médiathèques, bâtiments universitaires, hôtels, crèches, commerces et certains bâtiments industriels, sportifs ou de santé rejoignent le périmètre déjà couvert (logements, bureaux, écoles primaires et secondaires).
À partir de quand ces nouvelles règles s’appliquent-elles ?
L’extension du périmètre découle du décret n° 2026-16 et de l’arrêté du 19 mars 2026 ; les ajustements techniques (balcons, hauteur sous plafond, IGH, surélévations) proviennent du décret n° 2026-200, entré en vigueur le 1er juillet 2026.
Pourquoi les surélévations bénéficient-elles d’un traitement particulier ?
Une surélévation de moins de 150 m², ou représentant moins de 30 % de la surface du bâtiment existant, est jugée moins impactante en carbone qu’une construction neuve classique : elle échappe donc aux exigences complètes applicables au neuf.
Sources
Cheuvreux — RE2020 : ce qui change en 2026
Batiweb — Nouvelle réglementation bâtiment 2026
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



