Le dernier bilan du marché locatif publié par SeLoger confirme une tendance qui touche désormais l’ensemble du territoire : les loyers repartent à la hausse, alors même que l’offre de logements à louer progresse. Un paradoxe qui s’explique surtout par une demande locative qui reste structurellement forte, portée par des ménages qui restent locataires plus longtemps faute de pouvoir accéder à la propriété.
Des loyers en hausse presque partout
Selon les données arrêtées au 1er avril 2026, les loyers progressent de 2,5 % sur un an à l’échelle nationale, et même de 3,5 % à Paris. Dans le détail, un T2 de 50 m² se loue désormais en moyenne 858 € par mois hors charges en France, contre 1 662 € dans la capitale. Certaines villes moyennes affichent des hausses encore plus marquées : Nice enregistre une progression de 5,4 % sur un an, Marseille de 3,9 %, quand Toulouse suit la moyenne des grandes agglomérations avec +2,7 %.
Une offre qui progresse, mais qui reste rare dans les grandes villes
Paradoxalement, l’offre nationale de logements à louer a progressé de 17 % en un an selon SeLoger, un rattrapage à relativiser puisque le stock disponible demeure inférieur de 16 % à son niveau de 2021. À Paris, la situation reste particulièrement tendue : le stock de biens à louer y recule encore de 15 % sur un an, et de 67 % depuis 2021. La demande, elle, redescend légèrement (-16 % sur un an) après plusieurs années de tension extrême, mais reste supérieure de 42 % à son niveau d’avril 2021.
Le crédit immobilier, en partie responsable de l'embouteillage locatif
Cette pression sur le parc locatif existant s’explique en grande partie par un accès à la propriété toujours compliqué. Les taux moyens des crédits immobiliers sont remontés à 3,23 % en février 2026, contre 3,08 % en décembre 2025, une évolution déjà détaillée dans notre analyse sur la flambée des taux liée à l’OAT à 10 ans. Résultat : de nombreux ménages qui auraient pu acheter restent locataires, ce qui limite mécaniquement la libération de logements sur le marché locatif. Ce phénomène s’ajoute à une offre de logements neufs qui peine encore à répondre à la demande, malgré la reprise des chantiers permise par l’élargissement du prêt à taux zéro.
Ce que cela change concrètement pour les locataires
- Anticiper une hausse de loyer à la relocation, y compris dans les villes moyennes autrefois épargnées.
- Comparer les offres au-delà des plateformes les plus consultées : le stock disponible varie fortement d’une ville à l’autre.
- Vérifier l’encadrement des loyers en vigueur localement, qui limite mais ne stoppe pas la hausse dans les zones tendues comme Paris.
- Ne pas négliger le renouvellement de bail comme moment de négociation, la demande étant en léger reflux par rapport aux pics précédents.
Questions fréquentes
Pourquoi les loyers augmentent-ils alors que l’offre progresse ?
Parce que la demande locative reste structurellement élevée : les ménages empêchés d’acheter à cause de la remontée des taux de crédit restent locataires plus longtemps, ce qui maintient la pression sur le parc existant.
Quelles villes sont les plus concernées par la hausse des loyers ?
Paris et Nice enregistrent les hausses les plus fortes sur un an, mais le mouvement touche aussi des villes moyennes qui suivent désormais la tendance des grandes agglomérations.
L’encadrement des loyers empêche-t-il la hausse des prix ?
Non : à Paris, les loyers progressent de 3,5 % sur un an malgré l’encadrement en vigueur, qui limite l’ampleur des hausses sans les annuler.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale