Apprendre la poterie en Provence, s’initier à la sculpture sur bois dans le Jura ou suivre un cours de cuisine avec un chef local : cet été, de plus en plus de vacanciers choisissent leur séjour non plus pour la destination, mais pour ce qu’ils vont en repartir avec en tête et entre les mains. Cette tendance a désormais un nom : le skilliday, contraction de « skill » (compétence) et « holiday » (vacances).
Selon plusieurs études européennes menées ces dernières semaines, près d’un Européen sur deux envisage de consacrer une partie de ses congés à l’apprentissage d’un nouveau savoir-faire. Un chiffre qui grimpe à plus de la moitié chez les 18-34 ans, preuve que cette tendance n’est pas un simple effet de mode marketing mais un vrai changement dans la façon de concevoir les vacances.
Une aubaine pour les artisans et petits commerces locaux
Si la tendance profite d’abord aux voyageurs eux-mêmes, elle change surtout la donne pour les artisans et petites entreprises locales. Ateliers de poterie, fermes pédagogiques, écoles de cuisine régionale ou vignerons proposant des initiations à l’œnologie voient affluer une clientèle prête à payer plus cher pour une expérience authentique encadrée par un véritable expert du métier.
Cette disponibilité à payer davantage pour de l’authentique change la structure économique de nombreux territoires ruraux et côtiers, où le tourisme représente une part importante de l’activité. Plutôt que de multiplier les nuitées à bas coût, les professionnels misent désormais sur des formules courtes mais à forte valeur ajoutée : un après-midi d’initiation vaut parfois plus, pour l’artisan, qu’une semaine de location classique.
La gastronomie, thématique reine
Parmi les domaines d’apprentissage plébiscités, la cuisine et les produits du terroir arrivent largement en tête : confection de spécialités locales, ateliers autour de plats emblématiques, initiation à la mise en conserve ou à la fabrication de fromage. Viennent ensuite l’apprentissage d’une langue, la pratique d’un sport encadré par un moniteur local, ou encore des savoir-faire plus techniques comme la menuiserie, la permaculture ou la poterie.
Comment bien choisir son skilliday
- Privilégier un atelier animé par un artisan ou un professionnel reconnu localement, plutôt qu’une activité générique proposée en masse.
- Vérifier la durée réelle de transmission du savoir-faire : une bonne initiation dure plusieurs heures, pas quelques minutes entre deux visites.
- Réserver directement auprès du petit commerce ou de l’artisan quand c’est possible, pour que la valeur ajoutée profite au territoire visité.
Cette évolution des attentes rejoint une tendance plus large observée dans les loisirs de proximité, où les Français cherchent des expériences qui ont du sens plutôt que la simple consommation. Elle s’inscrit également dans la dynamique du tourisme local et responsable, porté par une clientèle en quête d’authenticité plus que de dépaysement à tout prix.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un skilliday exactement ?
Un skilliday est un séjour de vacances organisé autour de l’apprentissage d’un savoir-faire concret — cuisine, artisanat, langue, sport — plutôt qu’autour d’une simple destination touristique.
Quelles activités sont les plus demandées ?
La gastronomie arrive largement en tête, suivie par l’apprentissage des langues, la pratique sportive encadrée et des savoir-faire artisanaux comme la poterie, la menuiserie ou la permaculture.
Pourquoi cette tendance profite-t-elle aux territoires ruraux ?
Parce qu’elle valorise les artisans et petits commerces locaux, qui peuvent proposer des expériences à forte valeur ajoutée plutôt que de simples hébergements, générant davantage de revenus directs pour le tissu économique local.