Face à des centres-villes de plus en plus troués par les vitrines vides, le gouvernement a dévoilé une première salve de neuf mesures destinées à redonner de l’air au commerce de proximité. Présenté par le ministre Serge Papin lors d’un déplacement à Saint-Quentin, dans l’Aisne, ce plan s’appuie sur un constat chiffré : la vacance commerciale dans les centres-villes est passée de 6 % en 2010 à 14 % en 2024, un doublement en une quinzaine d’années.
Trois axes, neuf mesures
Le plan s’organise autour de trois grands axes : financer la revitalisation, accompagner les commerçants et artisans, et soutenir l’activité dans les territoires les plus fragiles, notamment les quartiers prioritaires de la politique de la ville.
Sur le volet financement, la Banque des Territoires met sur la table 100 millions d’euros supplémentaires pour des foncières de redynamisation chargées de racheter et de réhabiliter des locaux vacants, ainsi que 20 millions d’euros pour financer des postes de managers de commerce dans les territoires les plus en difficulté. Ce volet commercial doit aussi être renforcé au sein des programmes déjà existants Action Cœur de Ville, Petites villes de demain et Villages d’avenir, pilotés conjointement par la Direction générale des Entreprises (DGE) et l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT).
Pour répondre à la concurrence du e-commerce, le texte prévoit également une taxe de 2 euros sur les petits colis importés à partir de janvier 2026, ainsi qu’un renforcement des contrôles de la DGCCRF contre la fast-fashion et les produits non conformes.
Des outils concrets pour les élus et les commerçants
Autre nouveauté : un outil baptisé « Diagnostiquer ma vacance commerciale » doit être mis en ligne début 2026 sur la plateforme entreprendre.gouv.fr. Objectif : centraliser en un seul endroit les dispositifs existants pour aider les élus locaux et les commerçants à comprendre pourquoi les locaux restent vides et quels leviers activer.
Le plan prévoit aussi la diffusion d’outils d’intelligence artificielle adaptés aux petits commerces, via le programme « Osez l’IA », ainsi qu’une réforme de la taxe sur les friches commerciales pour cibler les locaux réellement mobilisables sans pénaliser les zones non viables. Une charte « Ville Commerçante » doit par ailleurs être déployée à l’échelle nationale, instaurant une gouvernance partagée entre communes et commerçants autour d’engagements réciproques.
Un ciblage renforcé sur les quartiers prioritaires
Deux mesures visent spécifiquement les territoires les plus fragiles : le renforcement du programme Entrepreneuriat Quartiers 2030, qui soutient la création d’entreprises dans les quartiers prioritaires, et une expérimentation baptisée « Made in Local », qui met temporairement à disposition des locaux vacants pour permettre à des artisans et commerçants de tester une implantation avant de s’engager durablement.
Ce plan s’inscrit dans la continuité d’initiatives déjà observées sur le terrain, comme le programme « 1000 Cafés » qui relance les derniers commerces de village, et rejoint un constat déjà posé sur l’importance croissante de la proximité pour les services publics comme pour les commerces. Il intervient aussi dans un contexte économique tendu, alors que les défaillances d’entreprises atteignent un niveau record en France, TPE et PME en tête.
Pour suivre les autres évolutions qui touchent la vie économique des territoires, direction la rubrique Entreprise & Société, ou la rubrique Finance & Économie pour les indicateurs macroéconomiques associés.
Questions fréquentes
Quel est le taux de vacance commerciale en France en 2024 ?
Selon les chiffres cités par le gouvernement, la vacance commerciale dans les centres-villes atteint 14 % en 2024, contre 6 % en 2010, soit plus qu’un doublement en une quinzaine d’années.
Qui finance les foncières de redynamisation commerciale ?
La Banque des Territoires mobilise 100 millions d’euros supplémentaires pour ces structures, auxquels s’ajoutent 20 millions d’euros dédiés au financement de postes de managers de commerce dans les territoires fragiles.
Quand la taxe sur les petits colis importés entre-t-elle en vigueur ?
Cette taxe de 2 euros sur les petits colis importés, pensée pour rééquilibrer la concurrence avec le e-commerce, doit s’appliquer à partir de janvier 2026.
Sources
- Direction générale des Entreprises – Mission sur l’avenir du commerce de proximité : neuf mesures retenues
- economie.gouv.fr – 9 mesures pour redynamiser le commerce de proximité
- Banque des Territoires – Commerce de proximité : le gouvernement annonce une première salve de neuf mesures
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale