Un Diplodocus a-t-il vraiment arpenté le sol européen il y a 150 millions d’années ? C’est ce que suggère une étude publiée en septembre 2026 dans le Journal of Vertebrate Paleontology : des paléontologues espagnols de la fondation Dinópolis, basée à Teruel, annoncent avoir identifié les toutes premières traces de ce dinosaure emblématique jamais découvertes hors d’Amérique du Nord.
Un fossile découvert en Aragon
Les restes ont été mis au jour sur le site d’El Castellar, dans la province de Teruel, en Aragon. Il s’agit de quatorze vertèbres caudales et de plusieurs os de l’arc hémal appartenant à un même individu, extraits de sédiments datés d’environ 150 millions d’années, à la toute fin du Jurassique. Selon Sergio Sánchez-Fenollosa, auteur principal de l’étude, ce spécimen compte parmi les diplodocidés les plus complets jamais retrouvés en Europe.
L’animal aurait mesuré près de 25 mètres de long, une taille comparable à celle des plus grands individus nord-américains déjà répertoriés. Jusqu’à cette découverte, le genre Diplodocus n’avait jamais été formellement identifié en dehors du continent américain, où ses fossiles les plus célèbres ont été extraits dans le Wyoming, le Colorado ou l’Utah dès la fin du XIXe siècle.
Pourquoi cette découverte change la donne
Au-delà de l’anecdote paléontologique, cette trouvaille bouscule une idée bien ancrée chez les spécialistes : celle d’une séparation nette entre les faunes de sauropodes américaine et européenne au Jurassique supérieur. Plusieurs conséquences concrètes se dégagent des travaux publiés :
- Elle suggère l’existence de connexions terrestres ou de couloirs migratoires entre les masses continentales aujourd’hui séparées par l’Atlantique.
- Elle invite à réexaminer d’anciens fossiles européens mal classés, qui pourraient en réalité appartenir à des diplodocidés plutôt qu’à des genres déjà connus localement.
- Elle relance l’intérêt scientifique pour le bassin ibérique, déjà réputé pour ses gisements du Jurassique et du Crétacé.
Les chercheurs restent toutefois prudents : un spécimen, même bien conservé, ne suffit pas à réécrire entièrement la carte de répartition des sauropodes. D’autres découvertes seront nécessaires pour confirmer l’ampleur du phénomène.
Teruel, terre de paléontologie
La région de Teruel n’en est pas à sa première contribution à la paléontologie mondiale. La fondation Dinópolis y gère depuis des années un vaste réseau de sites de fouilles et un parc dédié aux dinosaures, devenu une référence pour l’étude des écosystèmes du Mésozoïque en Europe. Cette nouvelle découverte devrait renforcer l’attractivité scientifique, mais aussi touristique, de la région pour les passionnés de sciences naturelles.
Sur le plan éditorial, cette annonce s’inscrit dans une actualité scientifique particulièrement riche en cette rentrée 2026, entre découvertes archéologiques et avancées technologiques qui continuent d’alimenter le débat public et culturel autour de l’histoire de notre planète.
Questions fréquentes
Où le fossile de Diplodocus a-t-il été découvert ?
Sur le site d’El Castellar, dans la province de Teruel, en Aragon (Espagne), par des chercheurs de la fondation Dinópolis.
Pourquoi cette découverte est-elle une première ?
Parce qu’aucun fossile du genre Diplodocus n’avait jusqu’ici été identifié en dehors du continent américain ; ce spécimen constitue la première preuve formelle de sa présence en Europe.
Quel âge a ce fossile ?
Les sédiments dans lesquels il a été retrouvé datent d’environ 150 millions d’années, soit la toute fin de la période jurassique.
Sources
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