No menu items!
More

    Aides à l’apprentissage : ce qui change pour les entreprises qui recrutent des alternants

    Les aides à l’apprentissage changent de visage cette année, et la nouvelle donne inquiète autant les entreprises que les futurs alternants. Recentrage des financements, exclusion de certaines formations, montants revus à la baisse : plusieurs ajustements entrés en vigueur modifient concrètement les conditions de recrutement en alternance, en pleine période où de nombreuses entreprises finalisent leurs campagnes pour la rentrée.

    Un recentrage sur les PME

    Le principe reste celui d’une aide unique à l’apprentissage versée aux employeurs, mais son périmètre se resserre. Désormais, seules les entreprises de moins de 250 salariés peuvent en bénéficier pour l'embauche d’un apprenti : les grandes entreprises en sont exclues. Le montant maximal, qui pouvait atteindre 6 000 euros il y a encore deux ans, plafonne aujourd’hui à 2 500 euros pour les niveaux bac+2 et plus (BTS, licence, master, diplôme d’ingénieur), contre un niveau plus favorable pour les formations de niveau CAP au bac. Autrement dit, plus le diplôme préparé est élevé, moins l’aide est généreuse, une logique assumée pour recentrer les fonds publics sur les premiers niveaux de qualification.

    Les formations supérieures les plus touchées

    Autre changement notable : les contrats d’apprentissage signés pour préparer un BTS, une licence ou un master ne sont plus systématiquement couverts par les dispositifs de soutien historiques. Cette exclusion partielle des formations post-bac, effective pour les nouveaux contrats, redessine les arbitrages des entreprises au moment de choisir le profil qu’elles recrutent. Certaines filières, en particulier dans le supérieur, redoutent une baisse du nombre de contrats proposés, faute d’incitation financière suffisante pour les employeurs.

    Ce coup de rabot ne se limite pas à l’aide à l'embauche. L’aide au premier équipement des apprentis, censée couvrir une partie des frais de matériel professionnel en début de contrat, voit elle aussi son montant diminuer dès cette année, un signal supplémentaire de la volonté de maîtriser la dépense publique consacrée à l’alternance.

    Des offres en recul, mais un marché qui se stabilise

    Sur le terrain, plusieurs observateurs du secteur de la formation en alternance constatent déjà un nombre d’offres en retrait par rapport aux années précédentes. Du côté du marché du travail dans son ensemble, la tendance est toutefois plus nuancée : les entreprises françaises ont déclaré un peu plus de 2,27 millions de projets de recrutement pour l’année, en repli d’environ 6,5 % par rapport à l’année précédente, mais ce ralentissement est deux fois moins marqué que celui observé l’an dernier. Les difficultés de recrutement reculent également, un peu moins d’un projet sur deux étant désormais jugé difficile à pourvoir par les employeurs, contre un sur deux auparavant.

    • Aide à l'embauche d’un apprenti réservée aux entreprises de moins de 250 salariés
    • Montant plafonné à 2 500 euros pour les formations de niveau bac+2 et plus
    • Aide au premier équipement des apprentis revue à la baisse
    • Recul modéré des projets de recrutement, mais difficultés d'embauche en diminution

    Ce que cela change pour les candidats et les entreprises

    Pour les jeunes en recherche d’un contrat, la vigilance porte désormais sur le type de formation visé : un cursus supérieur peut s’avérer plus compliqué à décrocher en alternance si l'employeur perd l’avantage financier associé. Pour les entreprises, notamment les PME qui restent les principales bénéficiaires du dispositif, l’enjeu est d’anticiper ces montants revus pour construire leurs budgets de recrutement. Les acteurs de l’emploi et de la formation recommandent de vérifier l’éligibilité précise de chaque contrat avant signature, les règles pouvant varier selon la taille de l’entreprise et le niveau de diplôme visé. Ce sujet s’inscrit plus largement dans les arbitrages budgétaires touchant l’entreprise et la société, à l’heure où la maîtrise des finances publiques reste une priorité affichée, un enjeu suivi de près également sous l’angle de la finance et de l’économie.

    Questions fréquentes

    Toutes les entreprises peuvent-elles encore toucher une aide pour un apprenti ?

    Non. Seules les entreprises de moins de 250 salariés restent éligibles à l’aide unique à l'embauche d’un apprenti ; les grandes entreprises en sont désormais exclues.

    Le montant de l’aide est-il le même quel que soit le diplôme préparé ?

    Non, le montant varie selon le niveau de formation : il est plus élevé pour les niveaux CAP au bac et plafonné à 2 500 euros pour les formations de niveau bac+2 et plus.

    La baisse des aides signifie-t-elle qu’il y aura moins de contrats d’apprentissage ?

    Une baisse des offres est déjà observée par plusieurs acteurs du secteur, mais l’évolution définitive du nombre de contrats sur l’ensemble de l’année dépendra aussi des besoins de recrutement propres à chaque entreprise.

    Sources