C’est officiel : le Livret A passe à 1,7 % au 1er août 2026, contre 1,5 % depuis le début de l’année. La hausse, annoncée par le ministère de l’Économie et des Finances, concerne près de 55 millions de détenteurs. Bonne nouvelle en apparence, mais l’effet réel sur votre épargne mérite d’être regardé de près, une fois l’inflation prise en compte.
Ce qui change concrètement le 1er août 2026
La revalorisation s’applique automatiquement, sans aucune démarche de votre part, aux sommes déjà déposées comme aux nouveaux versements. Voici le détail des livrets réglementés à cette date :
- Livret A : de 1,5 % à 1,7 % ;
- LDDS (Livret de développement durable et solidaire) : aligné, également à 1,7 % ;
- LEP (Livret d’épargne populaire) : maintenu à 2,5 % ;
- CEL (Compte épargne logement) : porté à 1,25 %.
En pratique, sur un Livret A rempli au plafond de 22 950 €, la rémunération annuelle passe d’environ 344 € à près de 390 €, soit une quarantaine d’euros de plus sur l’année. Pour un encours de 10 000 €, le gain supplémentaire tourne autour de 20 € par an. Un coup de pouce réel, mais mesuré, pour le pouvoir d’achat des ménages.
Pourquoi le taux remonte
Le taux du Livret A n’est pas fixé au hasard : il résulte d’une formule de calcul révisée deux fois par an, au 1er février et au 1er août. Elle combine la moyenne semestrielle de l’inflation (indice des prix hors tabac) et celle des taux courts du marché monétaire, l’€STR.
Sur le premier semestre 2026, l’inflation hors tabac s’est établie autour de 1,52 % en moyenne et l’€STR à près de 1,95 %. La moyenne de ces deux composantes ressort légèrement au-dessus de 1,7 %, ce qui explique la remontée du taux après un point bas en début d’année. Le gouvernement a retenu ce résultat sans user de son pouvoir d’arrondi à la baisse.
Le vrai rendement, une fois l’inflation déduite
C’est ici que la hausse se nuance. En juin 2026, l’inflation en France est retombée à 1,8 % sur un an, selon l’Insee, contre 2,4 % en mai, portée par le net ralentissement des prix de l’énergie. Résultat : avec un Livret A à 1,7 %, le rendement réel reste, à cet instant, très légèrement négatif — votre épargne perd un cheveu de pouvoir d’achat.
La tendance joue toutefois en votre faveur : si l’inflation poursuit sa décrue sous la barre des 1,7 %, le Livret A redeviendrait rémunérateur en termes réels. Il s’agit là d’une prévision, pas d’une certitude, et elle dépendra notamment de l’évolution des cours de l’énergie dans les prochains mois.
Faut-il revoir sa stratégie d’épargne ?
La hausse ne bouleverse pas la donne, mais elle invite à quelques réflexes simples pour placer son épargne de précaution au mieux :
- Si vous y êtes éligible (sous conditions de revenus), privilégiez le LEP : à 2,5 %, il reste le seul livret réglementé qui bat encore l’inflation ;
- Conservez sur le Livret A votre matelas de sécurité, disponible à tout moment et sans risque ;
- Au-delà de trois à six mois de dépenses courantes, une épargne dormante peut être diversifiée selon votre horizon, par exemple pour un projet immobilier de long terme (voir notre rubrique Immobilier) ;
- Comparez le rendement net d’inflation plutôt que le seul taux affiché.
Pour suivre les prochaines révisions et l’actualité des placements, retrouvez nos analyses dans la rubrique Finance – Économie.
Questions fréquentes
Quand le taux de 1,7 % s’applique-t-il exactement ?
Le nouveau taux entre en vigueur le 1er août 2026 et s’applique aux intérêts calculés à partir de cette date. Les intérêts courus jusqu’au 31 juillet restent, eux, rémunérés à 1,5 %.
Dois-je faire une démarche auprès de ma banque ?
Non. La revalorisation est automatique et identique dans tous les établissements, puisque le taux du Livret A est fixé par l’État. Aucun formulaire ni changement de contrat n’est nécessaire.
Le Livret A rapporte-t-il plus que l’inflation ?
À l’été 2026, pas tout à fait : son taux de 1,7 % est un peu inférieur à l’inflation de juin (1,8 %). L’écart se resserre néanmoins, et le LEP, à 2,5 %, demeure au-dessus de l’inflation pour les épargnants éligibles.